OUTSOURCIABLOG-Par Youssef Chraibi-



"LA DECLARATION DU PRESIDENT FRANÇAIS CONSTITUE UN TOURNANT DANS L'EVOLUTION DES RELATIONS ECONOMIQUES AVEC LE MAROC" - LE MATIN

Le 15/04/2013 

Lors de sa dernière visite, le Président François Hollande a adressé aux hommes d'affaires marocains et français un discours pour le moins pragmatique, appelant ainsi à la colocalisation qui serait bénéfique pour l'emploi dans les deux pays. Youssef Chraïbi voit dans la visite du Président français de vraies opportunités et un nouvel horizon qui s'ouvre, désormais. 

 

Le Matin Eco : Quelle est aujourd'hui, en période de crise en Europe, la progession de l'offshoring au Maroc ? 

Youssef Chraïbi : Rappelons d'abord que la dynamique du secteur est plus portée par des éléments structurels essentiellement relatifs à la tendance lourde du phénomène d'externalisation des métiers de service, et ce, quelle que soit la conjoncture. 

Néanmoins, si nous souhaitons analyser l'impact de la crise en Europe, nous pourrions estimer d'une part, que notre secteur est contre-cyclique dans la mesure où notre développement est avant tout lié à des stratégies de réduction de coûts, plébiscitant les solutions offshore, durant les conjonctures difficiles. Ainsi, certains donneurs d'ordre traditionnellement réticents par rapport à l'Offshore pourraient y voir une solution salutaire en terme de gain de compétitivité. D'autre part, pour les cients ayant déjà eu recours à l'Offshore, il est clair qu'une baisse de leur activité ne peut qu'impacter les volumes d'affaire confiés à leurs prestataires, notamment au Maroc. C'est ce à quoi nous assistons notamment dans le secteur des télécoms, où les trois opérateurs français, mis en difficultés par l'arrivée du quatrième opérateur Free, ont et vont continuer à réduire leurs demandes et ce aussi bien en France qu'en Offshore. 

Quand on connaît le poids que représente le secteur des télécoms dans notre portefeuille client (plus de 40%), nous devons rester prudents et nous attendre, dans les 2 années à venir, à une croissance beaucoup moins soutenue que celle que nous avons connue jusqu'à présent (plus de 15% de croissance annuelle moyenne). 

 

On a oscillé pour le gouvernement français entre un vocabulaire de délocalisations sauvages et un co-développement, qu'en est-il maintenant ? 

La notion de colocalisation a été le maître mot de la visite de François Hollande au Maroc. Après une période d'interrogation sur les risques que pouvaient comporter les investissements au Maroc pour l'emploi français, nous sommes ravis de constater que via ce nouveau concept, un consensus a été créé au sein du gouvernement français. En effet, nous sommes parvenus à démontrer avec nos partenaires français que dans de nombreux secteurs d'activité, dont l'Offshoring, l'installation au Maroc est génératrice de compétitivité globale pour les entreprises françaises qui ont initié un partage de la chaîne de valeur entre la France et le Maroc et sont beaucoup mieux armés aujourd'hui pour faire face à la crise que les entreprises qui se sont érigées contre l'Offshoring. Dans certains cas, la création d'emplois au Maroc pour une entreprise française peut ainsi constituer paradoxalement la meilleure façon de maintenir, voire renforcer l'emploi en France et sa compétitivité à l'échelle mondiale. La déclaration du Président français constitue à cet égard un tournant dans l'évolution des relations économiques avec le Maroc, discréditant ainsi toutes les thèses protectionnistes.

 

Après le développement des services clients de niveau 1 au Maroc, pensez-vous qu'il soit possible de développer ceux de niveaux 2 et 3 ? 

Il est vrai que les activités qui se sont développées initialement au Maroc étaient surtout iées à des offres à faible valeur ajoutée. Mais après plus de dix ans dans la carte de l'offshoring francophone, le Maroc est beaucoup plus reconnu pour son expertise et son savoir-faire dans les métiers de la relation client que pour ses faibles coûts. En effet, l'émergence de nouvelles destinations low cost, notamment en Afrique subsaharienne n'a pas remis en question notre rang de leader de l'Offshoring francophone notamment grâce à notre montée en compétence progressive et notre positionnement haut de gamme ayant permis d'attirer les donneurs d'ordre les exigeants, dans les métiers du support technique à distance, par exemple. Afin de maintenir ce positionnement et de développer justement des niveaux d'expertise de plus en plus importants, il est bien entendu nécessaire d'investir dans notre capital humain en mettant en place un dispositif national de formation aux métiers de la relation client, à la hauteur de nos ambitions. Cela constitue actuellement le chantier prioritaire de notre association l'AMRC (L'Association Marocaine de la Relation Client). 

 

Sources : Le Matin - 11/04/2013 - Journaliste : Ilham Lamrani Amine

 

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Youssef Chraibi
Président Fondateur du groupe Outsourcia

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